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Lutte : 137 COMBATS, 1 DÉFAITE, 2 NULS , FALAYE BALDÉ détient le plus beau palmarès

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 Nous allons vous tracer la longue et belle carrière du vieux Falaye Baldé, un monument de la lutte avec frappe. Originaire de la Guinée Bissau, Falaye Baldé s’est exilé au Sénégal où il s’est fait un nom, grâce à ses prouesses dans la lutte. Le Vieux Lion de Gabu a réussi à s’intégrer dans la société Sénégalaise et aussi à écrire l’une des plus belles pages de l’histoire de la lutte. Un texte à lire, relire et garder soigneusement comme Archives.

 


Originaire d’une famille royale 

Falaye Baldé est né en 1932 en Guinée Bissau dans le village de Gabu. Fils d’un cultivateur, mais aussi originaire d’une famille royale, il a, comme de tradition dans cette contrée, grandi avec la lutte dans le sang car son grand-père, son père et ses oncles étaient de grands lutteurs. Il a donc hérité de la lutte. Depuis sa tendre enfance, il a commencé à s’exercer dans cette discipline; avec les jeunes de sa génération au bord du fleuve. Un sport qui l’a séduit et qu’il exercera en Guinée Bissau, où il a terrassé tous les jeunes lutteurs et champions de la localité.

Initiation à la lutte traditionnelle 

À cette époque, les séances de lutte traditionnelle démarraient après les récoltes, de 20 heures jusqu’au lendemain à 10 heures du matin pour désigner le vainqueur du tournoi. Mais, aucun lutteur ne pouvait rester invaincu pendant deux mois. Falaye y est parvenu. Mieux, il, est resté quatre mois sans connaître la moindre défaite. À Gabou, les séances de lutte sont appelées «sargal» et elles durent trois mois, sans répit. Parfois, des séances de lutte sont organisées pour commémorer une fête qui dure jusqu’à quatre jours.

Du Gabou à Salikégné

Champion de cette contrée, Falaye décide alors d’aller s’exercer ailleurs: C’est ainsi qu’il quitte Gabou pendant la saison des pluies pour aller établir ses quartiers à Salikégné, un village situé à 30 km de la commune de Kolda, pour y cultiver la terre. C’était en 1956. Dans ce village, il trouve Fodé Doussouba. Comme il est aussi de tradition dans ce village, des séances de lutte sont organisées et Falaye s’est illustré en terrassant tous les lutteurs trouvés sur place. Après les récoltes, Falaye vend son arachide et retourne dans son village natal. Entre temps, Fodé qui l’avait remarqué quitte Salikégné, pour aller monnayer ses talents à Tamba, avant de rallier Dakar en 1957. Cette année, Falaye était resté dans son village natal pour y cultiver l’arachide. Fodé envoie le chercher. Sa mère refuse, sous prétexte que Falaye devait d’abord récolter l’arachide. Falaye parvient à la convaincre et à obtenir son approbation. Mais contre toute attente, sa mère le retient encore pendant une semaine, avant de l’autoriser à quitter Gabou non pour trois mois, mais pour trois ans.

La venue de Falaye au Sénégal: 22 novembre 1957

Falaye Baldé est venu au pays de la Téranga, le 22 novembre 1957, pour s’exercer dans la lutte simple. Mais à chacun de ses combats, son adversaire empochait dix mille francs alors que lui, même vainqueur, touchait quatre mille francs. Il demande alors des explications, mais on lui rétorque que ses adversaires évoluent dans la lutte avec frappe et que ces derniers ont accepté de le croiser pour le bien qu’on dit de sa technique. Excédé, Falaye décide alors de s’exercer dans la lutte avec frappe. Fodé lui oppose un refus catégorique: Falaye décide alors de retourner à Gabou. Il quitte la demeure de Fodé et s’installe ailleurs.

Les débuts de Falaye dans la lutte avec frappe

C’est à Thiaroye-sur-mer que Falaye a commencé dans la lutte avec frappe, à l’insu de son tuteur Fodé. Dès que ce dernier l’a su, il est encore allé le chercher, pour l’intégrer dans l’arène. Son premier combat officiel dans la lutte avec frappe, c’était contre Gora Guèye, champion de Pikine. Un dur combat où Falaye Baldé a assené de violents coups son adversaire jusqu’a l’envoyer à l’hôpital pour trois mois. Depuis ce combat, il est devenu redoutable et redouté.

Liens avec Fodé

Fodé est de l’ethnie Diawaranké et Falaye Gabounicé, mais en tant que son tuteur, Falaye lui a toujours voué du respect et voyait en lui un père, un grand frère et même une mère. Il n’a jamais voulu aller à l’encontre de ses conseils. Ce qui fait que Falaye Baldé est resté dans la lutte avec frappe jusqu’en 1967; sans connaître le montant de son cachet. Ce n’est que lorsqu’il a eu un accident à la main et inquiet pour son avenir, qu’il a demandé ce qu’il gagnait réellement.

Combats les plus difficiles 

Falaye avoue que durant sa longue carrière, ses combats les plus difficiles ont été ceux qu’il a livrés contre Doudou Baka Sarr et Landing Diamé. Contre ce dernier, il a livré , 13 combats, prenant le dessus par 7 fois. Landing l’a terrassé à 4 reprises et ont concédé 2 nuls. Il s’est frotté avec Doudou Baka Sarr à 7 reprises, comptabilisant 5 victoires 1 défaite et 1 nul

Falaye participe à la construction de la maison du Parti Socialiste 

Falaye était un vrai militant socialiste. Ainsi, pour participer à sa manière à l’édification de la maison du Parti, Falaye qui n’avait que sa force l’a fait de fort belle manière. «En ces temps-là, feu le Docteur Samba Guèye, Bassirou Diagne, El Hadji Mbor Gningue, Kabirou Mbodj était derrière pour me faire participer à l’édification de la maison du parti socialiste» confie le champion. À partir de 1966 et ce, pendant cinq bonnes années, il a livré des combats à Rufisque, Mbour, Guinguinéo, Kaffrine, Nioro, Saint Louis, Louga, au Walo, et même à Nouakchott, sans recevoir de cachets. Seuls ses adversaires étaient payés. Lui, son cachet était destiné à l’œuvre de construction de la maison du Parti Socialiste.

Vision sur la lutte d’aujourd’hui 

Falaye constate que la lutte est devenue une profession, alors qu’en son temps, c’était une passion. «Aujourd’hui, déclare Falaye, il suffit d’être bien bâti pour être lutteur. Cela peut aller avec un bon encadrement et du respect pour ses parents et ses entraînements afin d’aller loin. Les promoteurs sont là pour aider à promouvoir la lutte et à aider les jeunes. Ce qui est à déplorer, c’est qu’il n’y a plus d’ambiance dans l’arène comme avant. Chaque lutteur était accompagné par ses propres batteurs de « tama» et de «sabars», pour exhiber des «bakks », avant son combat, de même que les autres venus assisté au combat. Et cela drainait un monde fou. Aujourd’hui, rien de tout cela n’existe. Néanmoins la lutte se développe sans cette tradition ».

De 1961 à 1963: 137 combats, 2nuls, 1 défaite

Avec 137 combats dans la lutte avec frappe, en trois ans, Falaye a enregistré 134 victoires et n’a connu qu’une seule fois la défaite face à Boy Niague et deux matchs nuls. La défaite contre Boy Niague, il l’a concédée en 1963, à Kaolack, lors de son 137e combat. Par contre, il a terrassé Boy Niague à trois reprises et reste le porte drapeau de l’arène Gabar Ndoye.

Un homme avec un grand coeur 

Falaye Baldé a consenti d’énormes sacrifices pour participer à l’édification de la maison du Parti Socialiste. Grâce à la lutte, il a su combler ses parents, amis et proches de bienfaits et a également pu acquérir de nombreuses maisons, notamment à Pikine et à Guédiawaye. Mais, avec toutes les difficultés rencontrées, il a vendu la plupart d’entre elles. Extrêmement reconnaissant, Falaye Baldé a construit une maison pour son ami Fodé. Sa famille y vit toujours.

Une école qui porte son nom

Falaye détient une école de lutte qui a pour nom écurie Pikine et qui regorge de lutteurs talentueux, dont son fils cadet Ama Baldé qui en est le chef de file: Mais avec ses 80 ans, Falaye Baldé a pris du recul par rapport aux entraînements de ses poulains pour responsabiliser son fils Jules Baldé, tout en gardant un œil sur ce qui s’y fait.

SOURCE : Sunu Lamb

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